AUTO ENTREPRENEURS REFORME DE JUIN

27/6/13
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Auto Entrepreneur :
Le verdict de la réforme est tombé

 

Même face aux revendications des auto entrepreneurs, la ministre Sylvia Pinel a confirmé son projet de réforme du régime. Des nouveaux plafonds intermédiaires de chiffre d'affaires seront appliqués pour 2013 : 19 000 euros et 47 500 euros !

A l'issue du Conseil des ministres un point presse a été tenu par Sylvia Pinel. La ministre a annoncé le contour de la future réforme du statut de l'auto entreprise. Le verdict est donc tombé : le régime auto entrepreneur va connaitre plusieurs ajustements

1er ajustement : La création de seuils de chiffre d'affaires intermédiaires

TOUS les auto entrepreneurs, de n'importe quel secteur d'activité (et non pas seulement les artisans comme il avait été précédemment annoncé par le gouvernement), se verront limités en chiffre d'affaires selon un seuil intermédiaire annuel :

- De 19 000 euros pour les professions de service (artisans et libéraux)
- De 47 500 euros pour les professions de commerce (commerçants)

Ce nouveau seuil de chiffre d'affaires a pour objectif d'identifier les auto entrepreneurs « en croissance avec un haut potentiel », et donc finalement ceux qui en font leur activité principale par rapport à une activité complémentaire.

Remarque : Pour les auto-entrepreneurs qui ne dépassent pas ces seuils intermédiaires, le régime demeure pour le moment inchangé.

2ème ajustement : La bascule vers le régime classique au bout de 2 ans

Dès lors que l'auto entrepreneur dépasse ce nouveau seuil il sera alors assisté par un organisme d'accompagnement (Adie, Experts-Comptables, APCE, Pole Emploi, CGA, …) avec un premier rendez-vous dans les six mois suivant le dépassement du plafond intermédiaire. Cette offre d'accompagnement sera proposée par l'organisme à un « tarif adapté ».

Et pour les auto-entrepreneurs qui dépasseraient ces seuils intermédiaires deux années consécutives ils basculeront automatiquement dans le « régime classique de création d'entreprise ».

Ces mêmes auto entrepreneurs bénéficieront à ce moment-là d'une période de transition pendant laquelle un dispositif de lissage des cotisations sociales et de la fiscalité sera mis en place afin de préserver la trésorerie de l'entreprise.

La mise en application de cette réforme du régime auto entrepreneur ?

Ce projet de réforme du régime auto entrepreneur sera présenté en Conseil des ministres à la fin du mois de juillet puis débattu au Parlement à l'automne.

Ces mesures rentreront en vigueur dès l'application du texte de loi et des décrets. Ce qui veut dire que les premiers auto entrepreneurs concernés risqueront de basculer dès le 1er janvier 2015...

Maintenant reste à savoir si les propositions du gouvernement vont satisfaire les « pour » et « contre » le régime auto entrepreneur. Les réactions n'ont pas tardé elles-aussi à tomber. La Fédération des Auto Entrepreneurs (FEDAE) demandant de réévaluer ce seuil à 24 000 euros !

Sources :
http://www.lesechos.fr
http://lentreprise.lexpress.fr
http://www.gautier-girard.com
http://www.latribune.fr

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Commentaires :

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  • PATRICK dit :
    04/7/2013 à 12h 12min

    Deux sénateurs de la Commission de contrôle de l'application des lois ont présenté, mercredi 3 juillet, un rapport visant à évaluer le régime de l'autoentrepreneur. Les recommandations de la sénatrice UMP Muguette Dini et du sénateur socialiste Philippe Kaltenbach sont moins radicales que le projet gouvernemental. Les deux élus soulignent le succès de ce régime qui comptait en février 2013 tout de même 894 681 inscrits. Un peu moins de la moitié est économiquement actif et seulement 6,1 % déclarent un chiffre d'affaires annuel de l'ordre 30 000 euros. Derrière le succès, les critiques percent néanmoins régulièrement. Créé en 2009, le régime de l'auto-entrepreneur permet aux salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité à titre principal ou complémentaire pour accroître leurs revenus, avec des démarches simplifiées et un régime fiscal plus lisible. "Ce régime installé dans la précipitation a eu du mal à se mettre en place, il a connu onze modifications en quatre ans et il n'a pas encore atteint sa pleine maturité", reconnaît Philippe Kaltenbach. "Il faut revoir le régime", concède-t-il, estimant néanmoins que la méthode préconisée par la ministre de l'artisanat et du commerce n'est peut être pas la meilleure. Telle qu'elle a été présentée en juin, la réforme Pinel prévoit qu'un autoentrepreneur qui, durant deux années de suite réaliserait un chiffre d'affaires supérieur à 19 000 euros dans les services ou 47 500 dans le commerce, sorte du régime pour rejoindre le droit commun. "On prend un marteau pour tuer un moustique" pointe M. Kaltenbach selon qui cette réforme, au motif de régler les problèmes posés par une petite partie des autoentrepreneurs prend le risque de causer des difficultés à tous les autres. Dans leur rapport, Mme Dini et M. Kaltenbach n'évoquent jamais un éventuel abaissement des seuils et indiquent clairement ne pas souhaiter une limitation générale de la durée d'activité. Au plus, M. Kaltenbach indique que l'on pourrait envisager cette limitation uniquement pour le bâtiment et l'artisanat et pour des autoentrepreneurs exerçant ces activités à titre principal. Selon lui, la meilleure solution serait de faire la distinction entre "un autoentrepreneur qui vous refait toute votre électricité et celui qui viendrait repeindre un volet". En résumé, faire la différence entre gros travaux et bricolage, ce qui actuellement n'est techniquement pas possible. Pour tenter d'améliorer ce régime, les auteurs du rapport proposent notamment une amélioration de l'information statistique afin que l'on puisse avoir une meilleure connaissance des autoentrepreneurs pour, in fine, assurer un meilleur contrôle et un meilleur suivi de ceux qui voudraient pérenniser leur activité. Les sénateurs préconisent également la création d'un véritable statut de l'autoentrepreneur avec, à la clé, la nécessité pour ce dernier de préciser s'il exerce cette activité à titre principal ou secondaire, ainsi que la nature de ces employeurs afin de repérer plus facilement le "salariat déguisé". Tous ces éléments seront portés au débat qui s'ouvre sur l'avenir du régime des autoentrepreneurs. Le Parlement devrait avoir à examiner un texte à l'automne prochain. Ne pas limiter dans le temps "Je partage les objectifs de la Ministre, mais je ne suis pas sûr que les solutions requises, comme la limitation dans le temps et les seuils intermédiaires, soient la bonne solution", explique le sénateur socialiste. Un sentiment partagé par sa collègue Muguette Dini, pour qui "limiter dans le temps, c'est tuer l'auto-entreprise". D'ailleurs, pour la vice-président du groupe UDI au Sénat, "si accompagner dans le temps est une nécessité, cela doit se faire sur la base du volontariat, pas sous la contrainte". Dans le viseur des sénateurs, les fameux seuils intermédiaires "qui ne régleront pas la question du travail au noir et les déclarations de chiffre d'affaires opportunément sous les seuils", prévient la sénatrice du Rhône. Et les sénateurs de conclure que le Parlement jouera pleinement son rôle, que ce soit en commission ou en séance. "Le texte ne sortira pas tel qu'il est rentré", prévient Philippe Kaltenbach. Un rebondissement de plus sur le régime de l'auto-entrepreneur...




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